La nature, 1892
La taupe
La taupe a ressenti la haineDu soleil qui cuit l’arbrisseau,Mord le roc, pompe le ruisseauCombien pitoyable se traîneSa nuit d’aveugle souterraine !
Pleine de faim, elle surmèneSa dent, son groin de pourceau,Ses mains, ses pieds à forme humaine,La taupe !
Mais elle jeûne, sans l’aubaineD’un cloporte ou d’un vermisseau ;Et la mort va prendre à la peine,Sous son pauvre petit monceau,La fouilleuse couleur d’ébène.La taupe !
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 3(abab) 26(abba)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (11 de 8, 4 de 12)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a haine / ruisseau masculine, classiqueb l’arbrisseau / traîne féminine, classiquec souterraine / humaine féminine, classiquea surmène / pourceau masculine, classiquec taupe / peine féminine, classiquea l’aubaine / vermisseau masculine, classiquec monceau féminine, classiqued d’ébène / taupe masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.9
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
15 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources