La nature, 1892
Les vieux pauvres
Les vieux pauvres par les cheminsRegardent l’eau, l’herbe et la branche,Et leur bonne misère francheVague sans peur des lendemains.
Corps tannés – teints de parchemins,Secs et ligneux comme une planche,Les vieux pauvres par les cheminsRegardent l’eau, l’herbe et la branche.
A l’heure où le soleil épancheSes plus sanguinolents carmins,Solennels – tenant à deux mainsLe bissac où leur dos s’emmanche –Avec leur longue barbe blanche,Ils font l’effet par les cheminsDe patriarches surhumainsDont l’œil clair se lève et se penche.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nature, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1892· numérisation crcrosnier.fr· Sources