Les apparitions, 1896
L’inutile
Tel fou que son orgueil torturePense intéresser à son sortL’Univers, et veut que sa mortDevienne un deuil pour la nature,
Et, tandis que dans sa misèreIl se croit le centre de tout,Une voix lui dit tout à coup :« Pas un être n’est nécessaire.
Malgré tous les regrets morosesQu’il s’ingénie à leur prêterL’homme est seul à se regretterDans l’indifférence des choses.
Ciel vide, astre en feu, terre noireL’air et l’eau, chacun dans sa gloire,Se suffit immuablement.
La vie est une ombre futile,Et, pour l’éternel élémentTout ce qui passe est inutile. »
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les apparitions, Paris, G. CHARPENTIER ET E. FASQUELLE, ÉDITEURS, 1896· numérisation crcrosnier.fr· Sources