Les Névroses, 1883· Les spectres
L’Étang
À Joséphin Peladan.
Plein de très vieux poissons‖ frappés de cécité,L'étang, sous un ciel bas‖ roulant de sourds tonnerres,Étale entre ses joncs‖ plusieurs fois centenairesLa clapotante horreur‖ de son opacité.
Là-bas, des farfadets‖ servent de luminairesÀ plus d'un marais noir,‖ sinistre et redouté ;Mais lui ne se révèle‖ en ce lieu désertéQue par ses bruits affreux‖ de crapauds poitrinaires.
Or, la lune qui point‖ tout juste en ce moment,Semble s'y regarder‖ si fantastiquement,Que l'on dirait, à voir‖ sa spectrale figure,
Son nez plat et le vague‖ étrange de ses dents,Une tête de mort‖ éclairée en dedansQui viendrait se mirer‖ dans une glace obscure.
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abba baab ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a cécité / opacité masculine, classiqueb tonnerres / centenaires féminine, classiquea luminaires / poitrinaires féminine, classiqueb redouté / déserté masculine, classiquea moment / fantastiquement masculine, classiqueb figure / obscure féminine, classiquea dents / dedans masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 3.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Névroses, Paris, G. CHARPENTIER, EDITEUR, 1885· numérisation poesies.net· Sources