Les Névroses, 1883· Les âmes
Le Goût des larmes
À ma Mère.
L'Énigme désormais‖ n'a plus rien à me taire,J'étreins le vent qui passe‖ et le reflet qui fuit,Et j'entends chuchoter‖ aux lèvres de la NuitLa révélation‖ du gouffre et du mystère.
Je promène partout‖ où le sort me conduitLe savoureux tourment‖ de mon art volontaire ;Mon âme d'autrefois‖ qui rampait sur la terreConvoite l'outre-tombe‖ et s'envole aujourd'hui.
Mais en vain je suis mort‖ à la tourbe des êtres :Mon oreille et mes yeux‖ sont encor des fenêtresOuvertes sur leur plainte‖ et leur convulsion ;
Et dans l'affreux ravin‖ des deuils et des alarmes,Mon esprit résigné,‖ plein de compassion,Flotte au gré du malheur‖ sur des ruisseaux de larmes.
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abba baab ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a taire / mystère féminine, classiqueb fuit / Nuit masculine, classiquea conduit / aujourd'hui masculine, non classiqueb volontaire / terre féminine, classiquea êtres / fenêtres féminine, classiqueb convulsion / compassion masculine, classiquea alarmes / larmes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Névroses, Paris, G. CHARPENTIER, EDITEUR, 1885· numérisation poesies.net· Sources