Les Névroses, 1883· Les spectres
Le Mime
À Coquelin.
Par quelle fantaisie‖ insolite et malsaineEn vins-je à grimacer‖ devant ma glace, un soir,Un soir de fin d'automne‖ où Paris, morne et noir,Pompait lugubrement‖ les brouillards de la Seine ?
Le fait est que mêlant‖ la tendresse à la haine,La rage à la stupeur,‖ le rire au désespoir,Ma physionomie‖ en face du miroirPassa par tous les tons‖ de la mimique humaine.
Et je me recueillais‖ dans ma sincéritéPour rendre avec une âpre‖ et stricte véritéLe rictus d'un démon‖ qui maudit sa science,
Quand je vis dans l'éclair‖ du miroir glauque et nu,Au lieu de mon visage,‖ un visage inconnuOù se répercutait‖ ma propre conscience !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a malsaine / Seine féminine, classiqueb soir / noir masculine, classiquea haine / humaine féminine, classiqueb désespoir / miroir masculine, classiquea sincérité / vérité masculine, classiqueb science / conscience féminine, classiquea nu / inconnu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 3.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Névroses, Paris, G. CHARPENTIER, EDITEUR, 1885· numérisation poesies.net· Sources