Les Névroses, 1883· Les spectres
Le Tunnel
Au milieu d'un tunnel‖ profond comme le vide,Où l'horreur et la nuit‖ pendent leurs attirails,Une femme, tordant‖ sa nudité livide,Est couchée en travers‖ sur les terribles rails.
La voûte et les murs froids,‖ pleins de larmes funèbres,Écoutent s'étouffer‖ de longs cris surhumains ;Et coupé par le vent‖ qui court dans ces ténèbres,Un homme est là qui grince‖ en se frottant les mains.
Tout à coup, un bruit sourd‖ et deux prunelles rougesNaissent à l'horizon.‖ — « Misérable ! tu bouges,« Tu geins, et tu te mords ;‖ mais, le train marche, lui !
« La descente le pousse‖ et le retard l'active !« Entends-tu le sifflet‖ de la locomotive ?… »Et la campagne dort‖ et la lune reluit.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a vide / livide féminine, classiqueb attirails / rails masculine, classiquea funèbres / ténèbres féminine, classiqueb surhumains / mains masculine, classiquea rouges / bouges féminine, classiqueb lui / reluit masculine, non classiquea l'active / locomotive féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.4· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Névroses, Paris, G. CHARPENTIER, EDITEUR, 1885· numérisation poesies.net· Sources