Paysages et Paysans, 1899
L’Enfant embourbé
Il marche. — Le soir vient sournoisDans la grande plaine de vaseDont les hôtes, en tapinois,Se décroupissent de l’extase.
Et, tous ces mystères de voixConfondent leurs horribles phrases.Sanglant, le soleil se rembrase,Puis meurt. Il fait un noir de poix.
Et, dans ces trous que son pied rase,L’enfant se perd, hurlant d’effroi :Car il sent — mou, plat, grouillant, froid —Monter vers lui ce qu’il écraseDans la grande plaine de vase.
13 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources