Paysages et Paysans, 1899
La Ressusciteuse
Je dis à la bergère : « Où donc est ta bessonne !Oh ! mais, comme tu lui ressembles ! »La fille soupira : « Ma sœur est mort’ ! personneN’nous verra plus jamais ensemble.
C’est vrai que j’suis son doub’, son r’venant q’l’on dirait,Celui-là qui me r’gard’ la voit.De visag’, de parler, d’taill’, j’suis tout son portrait :J’suis elle, comme elle était moi.
Je m’la ressuscit’ ben souvent.J’prends tout c’quell’ portait d’son vivant,À sa façon, j’m’en habill’ telle,
Et puis, d’vant un’ glac’, pour tout d’bon,J’y cause… et, lorsque j’y réponds,Je me figure que c’est elle ! »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources