Paysages et Paysans, 1899
La vraie Joie
Au printemps ramenant sa joie,Le Juste au cœur tendre et meurtriSavoure, ivre en dedans, sans cri,La félicité qui le noie.Devant ce feuillage nourriQui, si frais, tremble et se déploieIl faut que son espoir aigriSe réillusionne et croie !Au bruit du ruisseau qu’il côtoieSa raison même s’attendrit,Le vent qui court, l’eau qui tournoie,Insecte, oiseau, tout le festoie.Il régale son corps guériDe la lumière qui flamboie,Fraternellement il coudoieLe vieil arbre désamaigri,En lui le regret se flétrit,La sérénité reverdoie ;Et le soir, au ciel qui rougeoie,Son rêve extasié sourit,Blanc des blancs reflets qu’en l’espritSa conscience lui renvoie :Toute son âme alors fleuritDans le paradis de la joie !
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources