Paysages et Paysans, 1899
Le Braconnier
Contre sa jambe, à plat, collant sa canardière,Voûtant son maigre buste au veston de droguet,Silencieux glisseur, l’œil et l’oreille au guet,Il longe un des plus creux dormants de la rivière,
Lorsqu’en face du bois surgit, brusque, un gendarmeEt puis un autre encore avec le brigadier.« À trois vous n’m’aurez pas ! ouf ! mon outil l’premier ! »Dit l’homme qui, d’un bond, dans l’onde suit son arme.
D’un nagement de loutre il file entre deux eaux,Atteint la berge, et, là, debout dans les roseaux,Aux trois stupéfiés d’en face, alors il crie :
« Eh ben ! vous avez vu que je n’plong’ pas qu’un peu.Je r’pêch’rai mon fusil lequel, moyennant Dieu,F’ra du service encor… bonsoir la gendarm’rie ! »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources