Paysages et Paysans, 1899
Le Soleil
Le Soleil est le tout-puissantQui féconde, en éblouissant,Plaines, coteaux, monts et vallées :Les immensités étaléesSous leur plafond d’azur luisant.
Il éclate retentissantJusqu’aux ravines désolées,Fait les terres bariolées,Rend irisé, phosphorescent,Le dos houleux des mers gonflées.
Il trouve tout obéissant :Bois enfouis, roches voilées,Les eaux courantes ou gelées,Et l’ombre elle-même le sent.
Au zénith d’où vont jaillissantSes lumières immaculées,Fixe il trône ! et, quand il descendDans l’air frais, par lui rougissant,Il jette aux profondeurs troubléesSes deux grandes pourpres mêlées :Celle du feu, celle du sang.Le Soleil est le tout-puissant !
22 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources