Paysages et Paysans, 1899
Le vieux Pêcheur
Au fil de l’eau coulant sans bruit,Triste et beau comme un vieux monarque,Perche en main, debout dans sa barque,Le pêcheur aspirait la nuit.
Son extase mal contenueRivait, pleins de larmes, ses yeuxAu grand miroir mystérieuxOù tremblait l’ombre de la nue.
L’astre pur, à frissons follets,Jetait prodigue ses refletsÀ cette transparence brune ;
J’entendis l’homme chuchoter :« C’te nuit ! fait-i’ bon d’exister !Pour voir l’eau s’ens’mencer d’ la lune. »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources