Paysages et Paysans, 1899
Les deux Mendiants
Reprenant leur chemin,Tête basse, une mainAu sac bossu qu’ils portent,Dans la cour, comme ils sortent,
Le petit pauvre épaisLorgne d’un œil mauvaisLe petit monsieur minceDont la bouche se pince.
Le vieux s’en aperçoit.« T’es jaloux ? Ya pas d’quoi !Fait-il, d’une voix douce :Entends-l’donc comme i’ tousse.
I’ cache un sang d’navetsSous tous ses beaux effets,Tandis q’toi, sans q’tu triches,
Tu fais rir’ vermillonsTous les trous d’tes haillons,Ça t’veng’ ben d’êt’ pas riche ! »
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources