Paysages et Paysans, 1899
Magie de la nature
Béant, je regardais du seuil d’une chaumièreDe grands sites muets, mobiles et changeants,Qui, sous de frais glacis d’ambre, d’or et d’argent,Vivaient un infini d’espace et de lumière.
C’étaient des fleuves blancs, des montagnes mystiques,Des rocs pâmés de gloire et de solennité,Des chaos engendrant de leur obscuritéDes éblouissements de forêts élastiques.
Je contemplais, noyé d’extase, oubliant tout,Lorsqu’ainsi qu’une rose énorme, tout à coup,La Lune, y surgissant, fleurit ces paysages.
Un tel charme à ce point m’avait donc captivéQue j’avais bu des yeux, comme un aspect rêvé,La simple vision du ciel et des nuages !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Paysages et Paysans, Paris, BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER, EUGÈNE FASQUELLE, ÉDITEUR, 1899· numérisation poesies.net· Sources