Collection complète, 1789
Vers
Pour Madame de FLEURIEU
Pour Madame de FLEURIEU, qui, m’ayant vu dans une assemblée, sans que j’eusse l’honneur d’être connu d’elle, dit à M. L’Intendant de Lyon que je paroissois avoir de l’esprit, et qu’elle le gageroit sur ma seule physionomie.
Déplacé par le sort, trahi par la tendresse,Mes maux sont comptés par mes jours.Imprudent quelquefois, persécuté toujours ;Souvent le châtiment surpasse la foiblesse.O fortune ! à ton gré comble-moi de rigueurs,Mon cœur regrette peu tes frivoles grandeurs,De tes biens inconstans sans peine il te tient quitte ;Un seul dont je jouis ne dépend point de toi :La divine FLEURIEU m’a jugé du mérite,Ma gloire est assurée, et c’est assez pour moi.
10 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Collection complète des œuvres, BIBLIOTHÈQUE DE GENÈVE, 1789· numérisation www.rousseauonline.ch· Sources