Œuvres complètes, 1659· Dernier recueil de diverses poésies.
Deux couplets
A inserer en certain endroit d’une plus grande piece.
A Messieurs les Academiciens de delà les monts.
Vous feriez bien mieux de vous taire,Messieurs les doctes impudents,Que de clabauder en pedantsSur des vetilles de grammaire.O les fins, ô les beaux esprits !Qu’il sort de merveilleux escritsDe vostre fameuse boutique !Les culs vous en sont obligez :Ils leur sont doux, trouppe critique,Quand vous les avez corrigez :Aussy le mien en pets honnestesVous en yroit remercier ;Mais il craint de balbucierDevant de si capables testes.D’autre costé, sçachant fort bienQue vous ne pardonnez à rienDans vostre belle Academie,Il a peur, quoyque vieil et laid,D’y voir sa chaste preud’homieEmbrochée en cochon de lait.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· Sources