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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Œuvres complètes, 1659· Dernier recueil de diverses poésies.

Stances

Marc-Antoine Girard de Saint-Amant· 420 vers

A Monsieur Corneille sur son Imitation de Jesus-Christ.

J’ai lû tous les livres du monde,Et n’ay lû cependant, rare amy, que le tien ;J’entends pour en tirer un bienSur qui de mon salut l’édifice se fonde :J’ay cent fois à mes yeux ouvert ce grand tresor :Que dois-je lire après ? cent fois le lire encor.

Pour moy, je ne suis pas en peineDe sçavoir qui du chant t’a fourni le sujet ;L’apprendre n’est point mon objet.Si l’autheur est douteux, la doctrine est certaine,Et soit qui l’on voudra des trois noms disputez,On doit tomber d’accord qu’il t’en doit les beautez.

Je sçay bien que c’est une estoffeQui semble dedaigner l’emprunt des ornemens,Et que de si hauts sentimensVeulent moins le poëte et plus le philosophe ;Mais je sçay bien aussi qu’à leurs graves leçonsTon luth seul pouvoit plaire en cent dignes façons.

O que de zele ! que de charmes !Que de solidité dans l’éclat de tes vers !O que leur tour noble et diversPour emouvoir un cœur a de puissantes armes !Le mien, tout froid qu’il est, d’amour en est épris,Et ce miracle seul en peut montrer le prix.

Ouy ce miracle en fait la gloire ;Il prouve plus que tout leur force et leur grandeur,Et déjà par leur vive ardeurJ’emporte sur moy-mesme une sainte victoire ;La chair cède à l’esprit, et les sens abattusD’autant de passions font autant de vertus.

Mais sans le secours de la grâceCet esprit, quoyque fort, de luy seul agissant,N’auroit rien que de languissantA soutenir le poids de cette impure masse ;Et qui pour l’estayer sur Dieu ne s’estayroitDessous son propre orgueil soudain trebucheroit.

C’est cette mesme grâce encoreQui de ce grand travail t’a fait venir à bout ;En toute chose elle peut tout,Et c’est la seule aussi qu’en tout besoin j’implore :Le merite n’est rien, et l’homme est criminelQui croit parle neant s’obliger l’Eternel.

Ce n’est pas que les œuvres saintesNe puissent de là-haut exciter la faveur ;Mais dans le pur sang du Sauveur,Dans cette vive pourpre il faut qu’elles soyent teintes :Autrement leur vertu n’en peut rien obtenirQui puisse en leur espoir s’assurer l’avenir.

Plust à Dieu que cette scienceDes partis si fameux assoupist les debatsEt que châcun, les armes bas,En voulust ecouter sa propre conscience !Elle seule en est juge, et tout cœur en secretS’en prononce à soy-mesme un tacite decret.

Ton autheur si bien la decide,Il la met en son jour avec tant de clarté,Que du noir monstre de fiertéOn le peut desormais nommer le saint Alcide ;Mais pour abbatre en nous tout cet orgueil humain,Sans doute que son bras a demandé ta main.

Ton illustre et sage manie,Le merveilleux pouvoir de tes sages accords,Pour detacher le corps du corps,Pour ravir lame à l’ame, ayde à ce grand genie,Et, si dans ses raisons ton art mesle des fleurs,La tendre piété les arrose de pleurs.

Par elles on voit les espinesOù l’amour de l’agneau te les a fait cueillir ;Le cher sang qu’il fit rejaillirForme le saint esmail de leurs grâces divines.On sent en leur odeur ce baume precieux,Et leur éclat est pur s’il est delicieux.

Ha ! que ces immortelles rosesPlaisent au vray soleil dessus ces esglantiers !Ha ! que je voy peu de sentiersQui puissent mener l’homme à de si hautes choses !Et que, si du Calvaire on n’atteint le sommet,Peu d’espoir est permis à qui se les promet !

C’est là, c’est là qu’elles se trouvent,Ces fleurs, ces dignes fleurs dont tes vers sont ornez ;On doit les en voir couronnez,Les saints en sont ravis, les anges les approuvent,Et JESUS, JESUS mesme, en gloire au plus haut lieu,Les benit de sa croix comme homme et comme Dieu.

Mais j’entre-voy quelque menaceQu’il mesle pour ces fleurs aux benedictions ;En de vaines productionsIl ne veut plus enfin que ta muse les place,Et d’un son grave et doux ces mots il fait ouyr :Profaner le talent, c’est pis que l’enfouyr.

Ces hautes paroles m’estonnent,J’en dois estre en mon cueur bien plus touché que toy ;J’en blesmis, j’en tremble d’effroy,Et jusques dans mon ame à toute heure elles tonnent ;Ma plume en est confuse, et tous ses jeunes traitsN’en forment à mes yeux que d’horribles portraits.

Aussi ma main les desavoue,Leur feu trop estimé me fait rougir le front,Leur honneur ne m’est qu’un affront,Et, fussent-ils tout d’or, je les croy tout de boue ;Enfin dans mon regret, mon cœur sincere et francPour en effacer l’encre offriroit tout mon sang.

Quant à toy, noble et cher Corneille,Déjà ton saint devoir au ciel a repondu,Et le theatre suspenduMontre que cet oracle a frappé ton oreille ;Mais n’y renonce pas ; Dieu, qui te l’interdit,Veut par le Sacré-Bois le remettre en credit.

En l’adorable tragedie,Au supplice amoureux que le Christ a souffert,Ce Fils Unique au Pere offertVeut que d’un soin devot ta plume s’estudie,Et luy-mesme à ta veue, en acteur immortel,Se represente encor tous les jours sur l’autel.

De ce cothurne elle est capable ;C’est aussi le sujet à la scène accordé,C’est le vray heros demandé ;Il est tout à la fois innocent et coupable ;Il est, dis-je, en soy-meme, il est, dis-je, en autruy,Coupable, mais pour nous, innocent, mais pour luy.

Que si le respect et la crainteT’empeschent de porter le theatre si haut,Du moins corrige le deffautQui le rend odieux à la morale sainte,Empiette sur la chaire, et, trompant le demon,Fay qu’en la comedie on trouve le sermon.

Toutesfois, dans ce privilege(S’il en faut avertir un des maistres de l’art)La raison doit bien prendre part ;Souvent du zele mesme on fait un sacrilege,Et le meilleur avis donné mal à proposN’est qu’un fantôme creux plein d’inutiles mots.

Mais je reviens à ton ouvrage ;J’en ay vanté les fleurs, j’en vanteray les fruits :Les plus devots en sont instruits,De l’enfer et du monde il augmente la rage ;Cependant malgré tout, et le monde et l’enfer,Trouveront en ta plume un invincible fer.

Ce fer, plus brillant que la foudre,Fera voir à l’envers l’amour-propre egorgé ;L’homme, de l’homme ainsi purgé,S’en estimera moins qu’un vil amas de poudre,Et, voyant au dehors tout son dedans à nu,Il sera tout honteux de s’estre mal connu.

Le masque bas, pour se connestre,De sa misere mesme il fera son miroir ;En cette glace il pourra voirCombien dans son neant est abismé son estre ;Il verra ses deffauts, il verra ses erreurs,Et n’aura plus pour luy que de saintes horreurs.

Ainsi seroit epouvantéeCelle qui, d’un cristal recherchant le conseil,Au lieu d’un objet sans pareil,Verroit une furie au vray representée.Mais je n’assure pas, en ma comparaison,Qu’elle en fist comme l’autre agir mieux sa raison.

Son cœur s’imposera silenceQuand de sa propre part il se voudra parlerIl sera prompt à ravalerDe ses desirs émus la secrete insolence ;Il aura l’œil sur eux, il veillera sur soy,Et trahira ses sens pour se garder la foy.

Tout ce qui viendra de luy-mesmeOu luy sera suspect ou fera son dedain ;Il s’en detournera soudainComme d’un piege sourd ou d’un noir stratagême,Et, pour se bien guider jusque dans le tombeau,Esteindra le faux jour de son propre flambeau.

La seule lumiere celeste,Encore qu’invisible, éclairant à ses pas,Luy fera du second trespasEviter le chemin spacieux et funeste ;Il la suivra par-tout, et, cinglant vers ce nort,En conduira sa barque au veritable port.

Que l’orage emporte ses voiles,Que ses masts soyent rompus, son gouvernail destruit,Que l’horreur d’une espaisse nuitA ses yeux pour un temps des robe les estoiles,Ses yeux verront ce phare, adorable aux nochers,Et son faible vaisseau dontera les rochers.

Demande-t’on pourquoy l’assisteCette clarté divine aux rayons si puissansPourquoy sur les flots mugissansCet homme imaginé dans sa barque subsiste ?C’est qu’il porte la croix au milieu des hazards,Mais bien plus dans son cœur que dans ses estendars.

Ce devot donc, suivant l’idée,La portera toujours pour en estre appuyé ;Il n’en sera point ennuyé,Bien que sa propre chair s’y soit mal accordée.Cent croix en une seule à luy viendront s’offrir,Et cent croix lui diront : triompher c’est souffrir.

Si la patience s’échappe,Si quelquesfois la peine en surmonte l’amour,Son devoir, facile au retour,Viendra baiser soudain la verge qui le frappe,Et l’amour aussi-tost, en luy victorieux,Rendra la peine douce et les coups glorieux.

Dans le juste estat de sa vie,Les plus bumbles vertus seront au plus haut rang ;Les fortes attaches du sangN’auront rien que de faible à lier son envie ;Il se haïra mesme, ou, s’il se peut aymer,Ce ne sera qu’en Dieu qui l’a daigné former.

La vanité, l’inquietude,Le plaisir, le chagrin, ni l’appetit vainqueur,N’exerceront plus en son cœurL’empire alternatif de leur vicissitude ;Il brisera leur joug, et, franc des soins espais,Sur sa guerre intestine il fondera sa paix.

La pompe, l’eclat et la gloireNe seront, à ses yeux, que des illusions ;Par de saintes derisionsSon nom se moquera de revivre en l’histoire,Et, quand l’oubly present en feroit le cercueil,Il en verroit la mort sans en porter le dueil.

L’oraison, le jeusne et l’aumosneSeront de sa ferveur les tesmoins sans tesmoins,Et, lorsqu’il l’etalera moins,Il montera par elle à l’invisible trosne ;Il le verra de l’ame, et ses vœux innocensY feront en soupirs exhaler leur encens.

Il banira la belle montre,La superstition au faux et vain soucy ;Du scrupule mal eclaircyIl fuira sagement la tremblante rencontre,Et, d’imiter son maistre ayant le seul dessein,Il fera hors du temple un temple de son sein.

C’est là que, d’un secret office,Son cœur s’immolera comme il s’est immolé,Luy qui de l’autel receléDemande et veut surtout l’occulte sacrifice ;Mais en vain ce trespas l’homme veut pratiquerSi la vertu du sien ne s’y daigne appliquer.

D’une recherche perilleuseIl n’espluchera point les misteres sacrez ;Sur sa foy ses sens bien ancrezEn croiront sans branler la grandeur merveilleuse,Et, bien que leur raison s’en vueille dementir,L’Esprit de Verité l’y fera consentir.

Il flatera toujours les peinesDe ces justes espoirs qui finissent là-haut ;Il les nourrira comme il fautPour leur oster tout l’air des attentes humaines ;Son zele y sera pront, son amour vehement,Et le fruit du saint arbre en fera l’aliment.

Cette vive chaisne des ames,L’ardente charité, qui joint la terre au ciel,Qui du fiel mesme oste le fiel,L’estreindra de ses nœuds entre-meslez de flames ;Il en sera l’esclave, et, gay d’estre soumis,Fera ses bien-aymez de tous ses ennemis.

Pour luy tout ira selon l’ordre,Pourveu qu’en luy tout marche au train des justes loix ;Sa bouche n’aura point de voix,Sa langue d’action, pour flater ni pour mordre,N’aymant non plus l’excès qui sans honte applauditQue le vice opposé qui sans crainte mesdit.

Sa table, de peu d’apparence,Sous le fardeau des plats ne gemira jamais ;On n’y verra point d’autres metsQue ceux qu’à la nature offre la temperance,Encors’y mettra-t’il avec plus de froideurQue si l’on en devoit soupçonner la candeur.

Son lit tout simple, mais honneste,Ne joindra qu’à regret la plume à la toison,Sachant qu’à peine un dur gazonSupporte de Jesus la glorieuse teste ;Et, comme en un sepulcre en ce lit se trouvant,Il croira chaque soir s’inhumer tout vivant.

On n’orra point dans sa demeureJapper icy cent chiens, hanir là cent chevaux,Tandis que sous d’aspres travauxLes pauvres à ses pieds se plaindront d’heure en heure ;Il s’épargnera tout pour verser tout sur eux,Et châcun le dira l’avare genereux.

Son equité sera si grandeQue, se faisant justice à luy tout le premier,Il languiroit sur un fumierPlustost que d’un rebut payer une demande,Et son cœur sera tel qu’on croira luy devoirCe que pour s’acquitter il fera recevoir.

Le jeu, ce tourment que l’on ayme,Où regne le demon sous la face du sort,Confondant le droit et le tort,Ne fera point chés luy retentir le blaspheme :Tout temps y sera cher, et les justes loisirsN’y seront employez qu’à de graves plaisirs.

Ses yeux, son oreille et sa boucheNe se permettront rien qui blesse la pudeur ;L’amour seul pur en son ardeurGardera que de l’autre aucun trait ne le touche,Et d’une jalousie excitée au duel,En luy le chaste feu vaincra le sensuel.

Mais s’il se montre assez habilePour esteindre d’abord un brazier dis s olu,En tout sur luy-mesme absolu,Il n’agira pas moins contre l’ardente bile ;Il calmera ses flots, et sans esmotionEn rendra son esprit le discret Alcyon.

Celle qui jamais ne sommeille,L’Envie aux membres secs, ne l’infectera point ;Ni l’autre, à l’oisif embonpoint,Qui dort mesme en veillant, s’il est vray qu’elle veille ;Ou, s’il est en repos, son repos fructueuxAura du travail mesme un éclat vertueux.

Tous les jours seront des dimanches,Les dimanches ses jours et grands et solennels,Qui, dans les fastes eternels,Sortent d’un digne tronc en plusieurs dignes branches,Et les jours solemnels, jours chers aux moins zelez,Seront à son regard d’augustes jubilez.

Il vivra comme un solitaireAu milieu de la foule et du bruit importun ;Bas ou haut luy sera tout un,En son degagement fidelle et volontaire :Il prendra tout en bien, eust-il le front du mal,Et l’un et l’autre sort le trouveront esgal.

Ce ne sera point du Stoïque,Point du grave Seneque ou du grand Antonin,Point du Grec qui but le venin,Qu’il tiendra sa vertu saintement heroïque ;Il n’y verra qu’orgueil, et, selon ses vrays gousts,Le poison du dernier se trouvera dans tous.

Il ne suivra point les maximesDe tant d’autres esprits si vains et si fameux ;Il ne dira jamais comme euxCes mots, ces lasches mots, qui sont autant de crimes :Non plus que le passé l’advenir ne m’est rien,Et le seul temps present fait mon mal ou mon bien.

Un seul trait de ton digne livreLuy sera plus exquis que nos plus beaux discours ;Il en fera tout son recoursPour en faire à ses mœurs les regles de bien vivre,Et, pour mesme en sa fin s’exenter de perir,Son cœur s’en formera celles de bien mourir.

Enfin, dans les choses futures,Je prévoy mille biens de ton œuvre tirez ;Déjà mes yeux tout assurezEn fondent sur nos jours les belles conjectures ;Ce siecle les confirme, et la posteritéEn verra jusqu’au bout l’heureuse verité.

Ha ! qu’il faut bien que ma princesse,Mon auguste Lodyse, honneur des Dieux-Humains,Voye en ses precieuses mainsCes tresors qu’à Dieu seul ta riche Muse adresse !Qu’il faut bien qu’elle die en sa devotion :Nul ne peut imiter cette Imitation

Je tiens pour chose indubitableQu’estant sage et pieuse au degré qu’elle l’est,Ton autheur à tel point luy plaistQu’elle en a veu cent fois la source profitable,Qu’elle la voit encore, y met tout son loisir,Et passe en cet employ du desir au desir.

Je croy que tous ces dignes angesQui, sous un front mortel, sont allez voir le sien,En font leur plus grave entretien,Et s’occupent sans cesse à chanter ses louanges ;Mais, à son propre honneur, que ne diront-ils pasQuand de ta haute plume ils verront les appas ?

Déjà mon esprit s’imagineLes doux ravissemens, les sensibles transports,Que feront voir, qu’auront alorsCes cœurs qui d’un vray pere ont pris leur origine :J’en voy ma Reyne esmeue, et déjà ses beaux yeuxD’une sainte façon s’en tournent vers les cieux.

Déjà, dans les dures alarmesOù l’engage le sort de son grand Cazimir,Tes vers l’empeschent de fremir,Arrestent ses regrets et suspendent ses larmes.Toutesfois je me trompe : elle les fait couler,Mais c’est de la douceur qui la vient consoler.

Elle soupire, mais de joye ;Elle pleure et gemit, mais c’est d’un zele ardant,Qui, dans ses veines s’espandant,Veut que mesme au dehors sa grandeur se deploye ;Elle lit, elle ecoute, elle se pasme enfin,Mais c’est entre les bras du pur amour divin.

De cette extase revenue,Elle met sa couronne au saint pié de la croix,Adore en Un, adore en Trois,Le souverain appuy dont elle est soustenue,Repare par des sœurs la perte des enfans,Et du regret resté rend les siens triomphans.

Elle en fera son assistanceContre tant d’ennemis qui causent ses douleurs ;Elle en vaincra tous les mal-heursDont il plaist au Très-Haut d’exercer sa constance,Et, presque insatiable, en usera, les nuits,Comme d’un antidote au poison des ennuis.

Mais ne voy-je pas une imageA ses yeux s’apparestre aux heures du repos ?N’en oy-je pas tous les propos ?N’est-ce pas cette dame à qui tout doit hommage ?Ouy, je la reconnoy, c’est la forte vertuQui garde que son cœur ne se trouve abbatu.

Aux rois elle parle en ces termes :Plus le soleil est bas, plus il se montre grand,Et par ce beau mot leur apprendCombien dans l’infortune ils doivent estre fermes ;Mais elle dit de mesme, et les en avertit :Plus le soleil est haut, plus il semble petit.

Ces deux traits graves et modestesNe prennent point pour but ce bel astre du nort :Louyse a l’esprit noble et fort,Et l’humilité sainte opere en tous ses gestes ;Sa gloire hait la gloire, et, comme son espous,Son cœur est tout ensemble et magnanime et dous.

Là, cette reine entre ses vierges,De qui tes vers divins accrestront la ferveur,Pour suivre les pas du SauveurFera multiplier les lampes et les cierges ;Mais non, ses justes soins en seront dispensez :Tes vers en ce chemin l’esclaireront assez.

Là, ma princesse gracieuse,Admirant ton ouvrage et si pur et si net,En parera son cabinetComme d’une merveille et sainte et precieuse,Et peut-estre, Ô Jesus, que comme sur ThaborMoïse à tes costez s’y verra luire encor.

420 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· Sources