Œuvres complètes, 1659· Troisiesme partie
Epigramme endiablée
Sur Fairfax.
Je crois qu’il doit bien estre en peine,L’execrable tyran qui preside aux enfers,Quand, dans les feux et dans les fers,Il songe au noir objet des foudres de ma haine.Son vieux sceptre enfumé tremble en sa flere main ;Il redoute Fairfax, ce prodige inhumain ;Il craint que ce monstre n’aspireAu degré le plus haut de son horrible empire.Le degré le plus haut est celuy le plus bas ;C’est où ce prince des sabats,Des endroits les plus clairs aux endroits les plus sombres,Tomba pour regner sur les ombres ;C’est là, dis-je, qu’il craint que par quelque attentat,Que par quelque moyen oblique,Fairfax n’aille du moins renverser son estatPour en faire une republique.Et voilà les raisons qui l’ont fait hesiterJusqu’à cette heure à l’emporter.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources