Œuvres complètes, 1659· Troisiesme partie
Le vol nocturne
La nuit derniere, ayant la pance pleineDu bon piot que j’ay tousjours chery,Sur mon gousset on a fait la soury,Le desenflant de sa gloire mondaine.
Cette action cauteleuse et vilaineDe mon tresor le fonds jaune a tary,Et le beau lustre en est si desfleuryQue mon pauvre œil le reconnoist à peine.
Il est bien vray que j’en tenois un peu ;Et que, pour m’estre eschauffé sur le jeu,Je suis au bout de ma philosophie.
Dieux, qui voyez qu’on m’excroque en dormant,Auquel de vous faudra-t’il qu’on se fie,Puis que Bacchus a trahy Saint-Amant ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources