Œuvres complètes, 1659· Première partie.
Sur la mort de SYLVIE
Ruisseau qui cours après toy-mesme,Et qui te fuis toy-mesme aussi,Arreste un peu ton onde iciPour escouter mon dueil extresme ;Puis, quand tu l’auras sceu, va-t’en dire à la merQu’elle n’a rien de plus amer.
Raconte-luy comme Sylvie,Qui seule gouvernoit mon sort,A receu le coup de la mortAu plus bel age de la vie,Et que cet accident triomphe en mesme jourDe toutes les forces d’Amour.
Las ! je n’en puis dire autre chose,Mes souspirs trenchent mon discours.Adieu, ruisseau, repren ton cours,Qui non plus que moy ne repose ;Que si par mes regrets j’ay bien pu t’arrester,Voilà des pleurs pour te haster.
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. JANNET Libraire, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon Bibliothèque numérique de Lyon· Sources