Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Pensées d’août Octobre 1837
À mon cher Marmier
(IMITÉ DU MINNESINGER HADLOUB, EN STYLE LÉGÈREMENT RAJEUNI DU SEIZIÈME SIÈCLE).
Vite me quittant pour Elle,Le jeune enfant qu’elle appelleProche son sein se plaça.Elle prit sa tête blonde,Serra sa bouchette ronde,Ô malheur ! et l’embrassa.
Et lui, comme un ami tendre,L’enlaçait, d’un air d’entendreCe bonheur qu’on me défend.J’admirais avec envie,Et j’aurais donné ma viePour être l’heureux enfant.
Puis, elle aussitôt sortie,Je pris l’enfant à partie,Et me mis à lui poser,Aux traces qu’elle avait faites,Mes humbles lèvres sujettes :Même lieu, même baiser.
Mais, quand j’y cherchais le bâmeEt le nectar de son âme,Une larme j’y trouvai.Voilà donc ce que m’envoie,Ce que nous promet de joieLe meilleur jour achevé !
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources