Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Notes et sonnets Faisant suite aux pensées d’août· Sonnets
I. « En mars quand vient la bise, et qu’après le rayon »
Come la rena quando I turbo spira.DANTE, Inferno.
En mars quand vient la bise, et qu’après le rayon,Après des jours d’haleine attiédie et gagnante,Sur la terre encor nue et partout germinante,Comme en derniers adieux, s’abat le tourbillon ;
Quand du lac aux coteaux, des coteaux au vallonJ’erre, le front au vent, sous sa rage sonnante,Qu’aux pics la neige luit plus dure, rayonnante,Oh ! qui n’est ressaisi du démon d’Aquilon ?
Que devient le bon ange ? Où Béatrix est-elle ?Et Toi, Toi que j’aimais, apathique et cruelle !Tout vous balaie en moi, tout vous chasse dans l’air.
Mon cœur joyeux se rouvre à ses âpres furies :Aux crins des flots dressés, accourez, Valkiries !La nature est sauvage, et le lac est de fer.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources