Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Pensées d’août Octobre 1837· Trois sonnets Imités de Wordsworth
I. Reposez-vous et remerciez
(Au sommet du Glencroe).
Ayant monté longtemps d’un pas lourd et pesantLes rampes, au sommet désiré du voyage,Près du chemin gravi, bordé de fin herbage,Oh ! qui n’aime à tomber d’un cœur reconnaissant ?
Qui ne s’y coucherait délassé, se berçantAux propos entre amis, ou seul, au cri sauvageDu faucon, près de là perdu dans le nuage,— Nuage du matin, et qui bientôt descend ?
Mais, le corps étendu, n’oublions pas que l’âme,De même que l’oiseau monte sans agiterSon aile, ou qu’au torrent, sans fatiguer sa rame,
Le poisson sait tout droit en flèche remonter,— L’âme (la foi l’aidant et les grâces propices)Peut monter son air pur, ses torrents, ses délices !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources