Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Pensées d’août Octobre 1837
III. Rondeau
Pia Nympha !GRAY.
Source cachée, un jour sous le soleilTu scintillas, et je te vis courante,Un seul moment ! Ta nappe transparenteSource cachée, un jour sous le soleilTu scintillas, et je te vis courante,Un seul moment ! Ta nappe transparenteFut belle alors sur le caillou vermeil,Je t’écoutais, l’âme aux flots attachée ;J’y contemplais une image penchée,Un doux front pur à ton cristal pareil,Source cachée !
Tu disparus, et le saule épaissiNe laisse plus rien percer sous l’ombrage ;Ton bruit lui-même en son léger langageEst comme éteint, tant il s’est obscurci !Plus rien ne vient : une larme épanchéeParfois dit trop et serait reprochée.Ô sois bénie et chère, même ainsi,Sois plus sacrée au cœur qui t’a cherchéeEt qui tout bas te sent présente ici,Source cachée !
21 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources