Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Notes et sonnets Faisant suite aux pensées d’août
Sonnet
Avignon m’apparaît dans sa charmante enceinteD’un joli, grave encor, d’un sérieux mignon ;Si bien que l’on dirait, sans jouer sur le nom,Que Mignard, d’après Rome, en copiant l’a peinte
(Ce Mignard le Romain aimait fort Avignon) :Jolis remparts sans louve, un Vatican sans crainte,Pour Tibre le grand Rhône, orageux compagnon,Mais aussi la Durance ; et puis Laure pour sainte.
C’est du romain plus tendre, en Provence il est né ;C’est du romain venu près du bon roi René.Des papes sommeillants le tombeau rit encore ;
Et mon sonnet léger et pourtant attendriN’est qu’un feston de plus sur leur marbre fleuri,Une perle de plus, dans ta couronne, ô Laure !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources