Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Notes et sonnets Faisant suite aux pensées d’août
Sonnet
Saint-Laurent-hors-des-murs d’un sens profond m’expliqueLes Pères primitifs et leur ton vénéré ;En entrant là, d’abord en eux je suis entré :Rien du beau simple, aisé, ni du parfait antique :
Un composite un peu barbare, au moins rustique ;Colonnes de tout bord, même au socle enterré,Mais pur jaspe ou lapis : mais ce parfum sacréQui surtout te remplit, ô vieille Basilique !
Qu’importe où fut ce marbre avant de t’arriver ?En lisant saint Justin, souvent un mot se lève,Un mot d’or qu’en Platon l’on eût pu retrouver ;
Mais le mot, sans Platon, se couronne et s’achève !Même harmonie en toi, Basilique où je rêve,Et prier y pénètre encor mieux que rêver.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources