Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Notes et sonnets Faisant suite aux pensées d’août
Sonnet
Sit meæ sedes utinam senectæ,
Sit modus lasso maris et viarum…HORACE.
Paix et douceur des champs ! simplicité sacrée !Je ne suis que d’hier dans ce repos d’Eysins,Et déjà des pensers plus salubres et sainsM’ont pris l’âme au réveil et me l’ont pénétrée.
Point de merveille ici ni de haute contrée,Point de monts, de rochers, si ce n’est aux confins ;Mais des vergers, des prés, l’un de l’autre voisins,Le cimetière seul, colline séparée.
Ô doux chemins tournants ! ô verte haie en fleur !Blonde Reine des prés, leur plus tendre couleurPromenade insensible, avec oubli suivie,
Qui, comme un ami sûr, nous ramenez au bancDevant le seuil, au soir, où la famille attend,Soyez tout mon sentier et ramenez ma vie !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources