Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Pensées d’août Octobre 1837
Sonnet
À M. PAULIN LIMAYRAC
Je montais, je montais ; un guide m’accompagne,Choisit les durs sentiers, et m’y dirige exprès ;Car je veux, Iung-Frau, toucher tes pieds de près !Le soleil est ardent, d’aplomb sur la montagne.
Mon front nage, mon pas est lourd ; au plus je gagneUne moitié du mont. Mais les flancs plus secretsS’y découvrent soudain en pâturages frais,Ménageant un vallon comme en douce campagne.
Ainsi, grand Dieu, tu fais, quand tu nous vois lassés,Dans la vie, au milieu, quand nous disons : Assez !Un vallon s’aperçoit, et tu nous renouvelles.
Si l’on monte toujours, à peine on s’en ressent ;Et l’homme réparé reprend, obéissant,Plus haut, vers les clartés des neiges éternelles !
Wengern-Alp.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources