Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Les consolations (Mars 1830)
XI. Sonnet
Fallentis semita vitæ.HORACE.
Un grand chemin ouvert, une banale routeÀ travers vos moissons ; tout le jour, au soleilPoudreuse ; dont le bruit vous ôte le sommeil ;Où la rosée en pleurs n’a jamais une goutte ;
— Gloire, à travers la vie, ainsi je te redoute,Oh ! que j’aime bien mieux quelque sentier pareilÀ ceux dont parle Horace, où je puis au réveilMarcher au frais, et d’où, sans être vu, j’écoute !
Oh ! que j’aime bien mieux dans mon pré le ruisseauQui murmure voilé sous les fleurs du berceau,Qu’un fleuve résonnant dans un grand paysage !
Car le fleuve avec lui porte, le long des bords,Promeneurs, mariniers ; et les tonneaux des portsNous dérobent souvent le gazon du rivage.
Saint-Maur, août 1829.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources