Poésies de sainte-Beuve, 1830‑1840· Les consolations (Mars 1830)
XIII. Sonnet
IMITÉ DE WORDSWORTH
C’est un beau soir, un soir paisible et solennel ;À la fin du saint jour, la Nature en prièreSe tait, comme Marie à genoux sur la pierre,Qui tremblante et muette écoutait Gabriel :
La mer dort ; le soleil descend en paix du ciel ;Mais dans ce grand silence, au-dessus et derrière,On entend l’hymne heureux du triple sanctuaire,Et l’orgue immense où gronde un tonnerre éternel.
Ô blonde jeune fille, à la tête baissée,Qui marches près de moi, si ta sainte penséeSemble moins que la mienne adorer ce moment,
C’est qu’au sein d’Abraham vivant toute l’année,Ton âme est de prière, à chaque heure, baignée ;C’est que ton cœur recèle un divin firmament.
Septembre 1829.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources