Poésies de sainte-Beuve, 1829· Suite de joseph Delorme
XX. « Je ne connais plus la colline »
Je ne connais plus la colline,La colline ni le vallon,Plaine lointaine ni voisine,Boulevard monotone et long ;
Je ne sais plus herbe ni chêne,Odeur des bois, brise du soir,Tant l’amour heureux qui m’enchaîneM’enchaîne à la ville sans voir !
Si je veux décrire un ombrage,Je ne sais plus les noms des fleurs ;Oiseaux et fleurs, brillant ramage,Ne sont qu’indistinctes couleurs.
Pour chanter la nature absente,Qui dans son lointain m’a souri,Pour rendre à ma voix qui la chanteUn peu de ce savoir fleuri,
En des vers que le Soir inspire,Je veux m’essayer, appuyéAu pur ébène de ta lyre,Charmant Collins, presque oublié !
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources