Poésies de sainte-Beuve, 1829· Poésies
Sonnet
IMITÉ DE WORDSWORTH.
Ne ris point des sonnets, ô Critique moqueur !Par amour autrefois en fit le grand Shakespeare ;C’est sur ce luth heureux que Pétrarque soupire,Et que le Tasse aux fers soulage un peu son cœur ;
Camoens de son exil abrège la longueur,Car il chante en sonnets l’amour et son empire ;Dante aime cette fleur de myrte, et la respire,Et la mêle au cyprès qui ceint son front vainqueur ;
Spencer, s’en revenant de l’île des féeries,Exhale en longs sonnets ses tristesses chéries ;Milton, chantant les siens, ranimait son regard :
Moi, je veux rajeunir le doux sonnet en France ;Du Bellay, le premier, l’apporta de Florence,Et l’on en sait plus d’un de notre vieux Ronsard.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources