Poésies de sainte-Beuve, 1829· Poésies
Vœu
Pour trois ans seulement, oh ! que je puisse avoirSur ma table un lait pur, dans mon lit un œil noir,Tout le jour du loisir ; rêver avec des larmes,Vers midi, me coucher à l’ombre des grands charmes ;Voir la vigne courir sur mon toit ardoisé,Et mon vallon riant sous le coteau boisé ;Chaque soir m’endormir en ma douce folie,Comme l’heureux ruisseau qui dans mon pré s’oublie ;Ne rien vouloir de plus, ne pas me souvenir.Vivre à me sentir vivre !… Et la mort peut venir.
10 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vie, poésies et pensées de joseph Delorme, Paris, MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS, 1863· numérisation wikisource.org· Sources