Au Jardin de l’Infante, 1893
« Des soirs fiévreux et forts comme une venaison »
Des soirs fiévreux et forts‖ comme une venaison,Mon âme traîne en soi‖ l'ennui d'un vieil Hérode ;Et prostrée aux coussins,‖ où son mal la taraude,Trouve à toute pensée‖ un goût de trahison.
Pour fuir le désespoir‖ qui souffre à l'horizon.Elle appelle la sombre‖ danseuse qui rôde,Et Salomé vient dans‖ la salle basse et chaudeSecouer le péché‖ touffu de sa toison.
Elle danse !… Oh ! pendant‖ qu'avec l'éclat des pierresAu soleil, tes deux yeux‖ brûlent dans leurs paupières,Mon âme, entends-tu pas‖ bêler dans le verger ?
Tu le sais bien pourtant‖ quel enfer te l'amène,Et qu'elle va, ce soir,‖ réclamer pour sa peineL'Agneau blanc de ton pauvre cœur‖ pour l'égorger.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6÷6
- Mots à la rime
- a venaison / trahison masculine, classiqueb Hérode / taraude féminine, équivalentea l'horizon / toison masculine, classiqueb rôde / chaude féminine, classiquea pierres / paupières féminine, classiqueb verger / l'égorger masculine, classiquea l'amène / peine féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre Poétique Complète, Paris, MERCURE DE FRANCE, 1921· numérisation poesies.net· Sources