Au Jardin de l’Infante, 1893
La coupe
Au temps des Immortels,‖ fils de la vie en fête,Où la Lyre élevait‖ les assises des tours.Un artisan sacré‖ modela mes contoursSur le sein d'une vierge,‖ entre ses sœurs parfaite.
Des siècles je régnai,‖ splendide et satisfaite,Et les yeux m'adoraient…‖ Quand, vers la fin des jours,De mes félicités‖ le sort rompit le cours,Et je fus emportée‖ au vent de la défaite.
Vieille à présent, je vis ;‖ mais, fixe en mon destin,Je vis, toujours debout‖ sur un socle hautain,Dans l'empyrée, où l'Art‖ divin me transfigure.
Je suis la Coupe d'or,‖ fille du temps païen ;Et depuis deux mille ans‖ je garde, à jamais pure.L'incorruptible orgueil‖ de ne servir à rien.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd cdc
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a fête / parfaite féminine, classiqueb tours / contours masculine, classiquea satisfaite / défaite féminine, classiqueb jours / cours masculine, classiquea destin / hautain masculine, classiqueb transfigure / pure féminine, classiquea païen / rien masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre Poétique Complète, Paris, MERCURE DE FRANCE, 1921· numérisation poesies.net· Sources