Au Jardin de l’Infante, 1893
La tour
Mes douze palais d'or‖ ne pouvant plus suffire,Mon cœur royal étant‖ désenchanté du jour.Un soir j'ai fait monter‖ mon trône de porphyre,Pour jamais, au plus haut‖ de ma plus haute tour.
Et là, dominant l'homme‖ et les cités sonores,J'ai vécu seul parmi‖ l'azur silencieux.A voir, indifférent,‖ les couchants, les auroresMirer leurs ciels dans l'eau‖ déserte de mes yeux.
Pâle je vis, le goût‖ de la mort à la bouche.La Terre est sous mes pieds‖ comme un chien qui se couche,Mes mains flottent parmi‖ les étoiles, la nuit.
Rien n'a distrait mes yeux‖ immobiles sans trêve ;Rien n'a rempli mon cœur‖ toujours vide qui rêve.Sur l'incommensurable mer‖ de mon ennui ;
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a suffire / porphyre féminine, classiqueb jour / tour masculine, classiquea sonores / aurores féminine, classiqueb silencieux / yeux masculine, classiquea bouche / couche féminine, classiqueb nuit / ennui / lui masculine, non classiquea trêve / rêve féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
15 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre Poétique Complète, Paris, MERCURE DE FRANCE, 1921· numérisation poesies.net· Sources