Au Jardin de l’Infante, 1893
Nuit blanche
Cette nuit, tu prendras‖ soin que dans chaque vaseFrissonne, humide encore,‖ une gerbe de fleurs.Nul flambeau dans la chambre —‖ où tes chères pâleursSe noieront comme un rêve‖ en des vapeurs de gaze.
Pour respirer tous nos‖ bonheurs avec emphase,Sur le piano triste,‖ où trembleront des pleurs,Tes mains feront chanter‖ d'angéliques douleursEt je t'écouterai,‖ silencieux d'extase.
Tels nous nous aimerons,‖ sévères et muets.Seul, un baiser parfois‖ sur tes ongles fluetsSera la goutte d'eau‖ qui déborde des urnes,
Ô Sœur ! et dans le ciel‖ de notre puretéLe virginal Désir‖ des amours taciturnesMontera lentement‖ comme un astre argenté.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a vase / gaze féminine, classiqueb fleurs / pâleurs masculine, classiquea emphase / d'extase féminine, classiqueb pleurs / douleurs masculine, classiquea muets / fluets masculine, classiqueb urnes / taciturnes féminine, classiquea pureté / argenté masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre Poétique Complète, Paris, MERCURE DE FRANCE, 1921· numérisation poesies.net· Sources