Le Chariot d’or, 1900· Élégies
« Comme une grande fleur trop lourde qui défaille »
Comme une grande fleur‖ trop lourde qui défaille,Parfois, toute en mes bras,‖ tu renverses ta tailleEt plonges dans mes yeux‖ tes beaux yeux verts ardents,Avec un long sourire‖ où miroitent tes dents…Je t'enlace ; j'ai comme‖ un peu de l'âpre joieDu fauve frémissant‖ et fier qui tient sa proie.Tu souris… je te tiens‖ pâle et l'âme perdueDe se sentir au bord‖ du bonheur suspendue,Et toujours le désir‖ pareil au cœur me mordDe t'emporter ainsi,‖ vivante, dans la mort.Incliné sur tes yeux‖ où palpite une flammeJe descends, je descends,‖ on dirait, dans ton âme…De ta robe entr'ouverte‖ aux larges plis flottants,Où des éclairs de peau‖ reluisent par instants,Un arôme charnel‖ où le désir s'allumeMonte à longs flots vers moi‖ comme un parfum qui fume.Et, lentement, les yeux‖ clos, pour mieux m'en griser,Je cueille sur tes dents‖ la fleur de ton baiser ! …
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a défaille / taille féminine, classiqueb ardents / dents masculine, classiquec joie / proie féminine, classiqued perdue / suspendue féminine, classiquee mord / mort masculine, classiquef flamme / âme féminine, classiqueg flottants / instants masculine, classiqueh s'allume / fume féminine, classiquei griser / baiser masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Chariot d’or, Paris, Paris : Mercure de France, 1912· numérisation ATILF Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française· Sources