La Gloire du souvenir, 1872
XI. « Ah ! je me trompe en vain moi-même et j'ai menti »
Ah ! je me trompe en vain‖ moi-même et j'ai menti :Car le rayonnement‖ de ta gloire charnelleA brûlé dans mes yeux‖ la lumière éternelleEt le vide a peuplé‖ mon front appesanti.
Comme au choc de la foudre‖ un marbre se fait sable,J'ai senti fondre en moi‖ l'antique Vérité :Rien n'est divin que Toi,‖ n'est saint que ta Beauté,Et rien n'est éternel‖ que ton corps périssable !
Rien n'est vrai que ta bouche‖ où la parole ment,Juste que le caprice‖ errant de ta pensée,Doux que le mal cruel‖ dont mon âme est blessée,Et sûr que le fragile‖ espoir de mon tourment !
Car je suis le damné‖ de ta Beauté profonde,Le douloureux amant‖ que veut ta cruauté,Et, pareil au Titan‖ par les cieux emporté,Où se heurte mon cœur‖ j'y sens périr un monde !
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a menti / appesanti masculine, classiqueb charnelle / éternelle féminine, classiquea sable / périssable féminine, classiqueb Vérité / Beauté masculine, classiquea ment / tourment masculine, classiqueb pensée / blessée féminine, classiquea profonde / monde féminine, classiqueb cruauté / emporté masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Armand Silvestre 1866-1872, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1892· numérisation poesies.net· Sources