La Gloire du souvenir, 1872
IX. « La lèvre a bu le souffle à a lèvre des fleurs »
La lèvre a bu le souffle‖ à a lèvre des fleurs.Lorsque tes yeux ont pris à l’Aube la lumière,Sous l'Aube en feu ta lèvre‖ a bu, parmi ses pleurs,Leur grâce à peine ouverte‖ et leur odeur première.— Ta lèvre a bu le souffle‖ à la lèvre des fleurs.
Et c'est pourquoi ton sein,‖ gonflé de leur haleine,Monte et s'épanouit‖ dans la blancheur des lis,Et toutes les splendeurs‖ dont ta jeunesse est pleineExhalent les parfums‖ longtemps ensevelisDans ton sein virginal‖ gonflé de leur haleine.
Comme un ferment sacré‖ qui tend vers les soleils,Et jaloux de renaître‖ en ta beauté profonde,Ces germes odorants‖ font tes charmes pareilsA l'épanouissement‖ du printemps sur le monde.— Tel un ferment sacré‖ qui tend vers les soleils.
Et seules, du printemps‖ éternel exilées,Meurent les*tristes fleurs‖ qui naissent de mon sang ;Les fleurs, sur le sol nu‖ par ton pied nu foulées,Sans monter jusqu'à toi‖ leur parfum languissant,Les fleurs, les seules fleurs‖ du printemps exilées !
Versification
- Forme
- 4 quintils (quintils)
- Rimes
- 4(ababa)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quintils
- Mots à la rime
- a fleurs / pleurs masculine, classiqueb lumière / première féminine, classiquea haleine / pleine féminine, classiqueb lis / ensevelis masculine, classiquea soleils / pareils masculine, classiqueb profonde / monde féminine, classiquea exilées / foulées féminine, classiqueb sang / languissant masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.4
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de Armand Silvestre 1866-1872, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1892· numérisation poesies.net· Sources