Le pays des roses, 1882· Les désespérés· Sonnets d’amour
VIII. « L'an qui s'enfuit attache aux givres éclatants »
L'an qui s'enfuit attache‖ aux givres éclatantsUn manteau d'or pâli‖ sur les flancs de Latone,Et la chanson du vent‖ se lève, monotone,Autour des chênes noirs,‖ squelettes grelottants.
La tristesse du jour‖ aux horizons flottantsMonte avec des langueurs‖ dont mon rêve s'étonne ;Car c'est sous les grands bois‖ dépouillés par l'automne,Que je sens mon amour‖ fait d'immortels printemps.
Car des roses sans fin‖ fleurissent sur ta boucheEt si de leur jardin‖ que tu gardes, farouche,Exilé, je ne puis‖ que voir les seuils vermeils,
J'en respire, du moins,‖ l'odeur chère et tenace ;Et, sur mon front qu'en vain‖ l'ombre du jour menace,Tes yeux ont allumé‖ d'ineffables soleils !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a éclatants / grelottants masculine, classiqueb Latone / monotone féminine, classiquea flottants / printemps masculine, classiqueb s'étonne / l'automne féminine, classiquea bouche / farouche féminine, classiqueb vermeils / soleils masculine, classiquea tenace / menace féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Pays des roses, Paris, G. CHARPENTIER, ÉDITEUR, 1882· numérisation poesies.net· Sources