Le pays des roses, 1882· Les désespérés· Sonnets d’amour
IV. « Tout vit encore en toi de ce qu'en toi j'aimais »
Tout vit encore en toi‖ de ce qu'en toi j'aimais !La Beauté d'autrefois‖ tout entière demeure :Mais, comme dans le rêve‖ où sans trace, fuit l'heure,Autrefois c'est hier —‖ autrefois c'est jamais.
Tout ce qui fut ma vie‖ étant mort désormais,Pour me ressouvenir‖ j'attendrai que je meure.Jusque-là, puisque tout‖ hormis t'aimer est leurre,Content de ta pitié,‖ je t'aime et me soumets.
C'est assez que, pareil‖ au lévite du temple,Tu souffres qu'à genoux‖ je reste et te contempleO lointaine clarté‖ de mes jours radieux !
O toi qui restes seule‖ et qui fus la première,Dans mon ciel où tes yeux‖ m'apprirent la lumièreOù ton front éclatant‖ m'a révélé les Dieux !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a j'aimais / jamais masculine, classiqueb demeure / l'heure féminine, classiquea désormais / soumets masculine, classiqueb meure / leurre féminine, classiquea temple / contemple féminine, classiqueb radieux / Dieux masculine, classiquea première / lumière féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Pays des roses, Paris, G. CHARPENTIER, ÉDITEUR, 1882· numérisation poesies.net· Sources