Le pays des roses, 1882· Les désespérés· Sonnets d’amour
XXIII. « Vers quel infini tend ta Beauté, qu'elle prenne »
Vers quel infini tend‖ ta Beauté, qu'elle prenneA chaque jour nouveau‖ des traits plus éclatants ?Comme un sculpteur épris‖ de son œuvre, le temps,Sans relâche, en poursuit‖ la grâce souveraine.
Plus grand, l'orgueil du lys‖ fleurit ton front de Reine ;Plus pur, dans tes yeux luit‖ l'or des astres flottants ;Et, sur ton col plus fier,‖ en frissons palpitants,L'ombre de tes cheveux,‖ plus jalouse, se traîne.
On dirait qu'en toi seule,‖ enfin, s'est résuméTout ce que les regards‖ des mortels ont aiméDepuis qu'un souvenir‖ des Dieux hante la terre.
En Toi seule revit‖ l'immortelle splendeur.Hélas ! Et j'en ai pu‖ mesurer la grandeurAu deuil qu'elle a laissé‖ dans mon cœur solitaire !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a prenne / souveraine féminine, classiqueb éclatants / temps masculine, classiquea Reine / traîne féminine, classiqueb flottants / palpitants masculine, classiquea résumé / aimé masculine, classiqueb terre / solitaire féminine, classiquea splendeur / grandeur masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Pays des roses, Paris, G. CHARPENTIER, ÉDITEUR, 1882· numérisation poesies.net· Sources