Les Renaissances, 1870· Les vestales· Les Vestales
XI. « À quoi bon te voiler durant que j'ai des yeux »
À quoi bon te voiler‖ durant que j'ai des yeux ?Rien ne m'est inconnu‖ de ton mortel visage,Ni des splendeurs du fruit‖ que, dans sa fleur sauvage,Le soleil a mûri‖ pour la moisson des cieux.
De ta forme terrestre‖ épiant le mirageSous les dormantes eaux‖ des bois silencieux,D'un immuable aspect‖ j'ai conçu ton imageEt dressé, sous mon front,‖ ton corps harmonieux.
Je sais la pourpre errante‖ aux contours de ta boucheOù mes désirs jamais‖ ne seront apaisés ;— Mais je maudis tout bas‖ la puissance farouche
Qui m'a fait deviner‖ la saveur des baisers,Et suspend, sans pitié‖ de mes ardentes fièvres,Cette vendange amère‖ au-dessus de mes lèvres !
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abba baba cdc dee
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a yeux / cieux masculine, classiqueb visage / sauvage féminine, classiquea mirage / image féminine, classiqueb silencieux / harmonieux masculine, classiquea bouche / farouche féminine, classiqueb apaisés / baisers masculine, classiqueb fièvres / lèvres féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1870· numérisation poesies.net· Sources