Les Renaissances, 1870· A travers l’âme· Impressions
XXVIII. Défense des Bêtes
S'IL existe vraiment,‖ où donc s'arrête-t-il,Cet effroyable droit‖ qui nous livre la vieComme une chose inerte‖ au travail asservie,Et nous met la douleur‖ aux mains comme un outil ?
Tous ces êtres vivants‖ qu'une invisible trameTient enchaînés pour nous‖ sous une loi de sang,Tous ces fils de l'argile‖ ont un peu de notre âme,Un peu de ce qui pense,‖ un peu de ce qui sent.
Le dieu qui les couvrit‖ d'une éternelle enfanceLeur donna la pitié‖ de l'homme pour défense,L'œil pour le supplier,‖ la voix pour l'attendrir :
Et ceux-là sont des fous‖ dont l'horrible capriceTorture sans raison‖ ou frappe sans justiceCes frères que nous fait‖ le pouvoir de souffrir !
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cdcd eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a s'arrête-t-il / outil masculine, classiqueb vie / asservie féminine, classiquea trame / âme féminine, classiqueb sang / sent masculine, non classiquea enfance / défense féminine, classiqueb l'attendrir / souffrir masculine, classiquea caprice / justice féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1870· numérisation poesies.net· Sources