Les Renaissances, 1870· Paysages métaphysiques· Cieux Nocturnes
I. « Il est un grand tombeau dont l'horreur me poursuit »
Il est un grand tombeau‖ dont l'horreur me poursuit,Large, froid, et peuplé‖ de silences funèbres :— C'est l'immense tombeau‖ qu'ouvre sur nous la nuitDans l'azur dilaté‖ par l'effroi des ténèbres.
Comme des jours furtifs‖ où glisse la pâleurD'un ciel d'or très lointain,‖ au travers d'un mur sombre,Les étoiles, filtrant‖ leur clarté sans chaleur,Blanches, rompent parfois‖ la tristesse de l'ombre.
Des réveils immortels‖ nous mesurant l'espoir,Rares, ces mornes feux‖ dont la lumière trembleLuisent, sans l'éclairer,‖ dans le sépulcre noirDont nous sommes les morts‖ et les vers tout ensemble.
Des étoiles fuyant‖ le chœur silencieux,Parmi les trépassés‖ trépassé solitaire,Pour pardonner aux nuits‖ l'épouvante des cieuxJ'attends qu'un Dieu nouveau,‖ pitoyable à la terre,
Ainsi qu'un fossoyeur,‖ les deux bras étendus,Ferme ce vide horrible,‖ et, de sa main géante,Versant dans l'éther creux‖ un flot d'astres perdus,Comble avec des soleils‖ sa profondeur béante !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a poursuit / nuit masculine, classiqueb funèbres / ténèbres féminine, classiquea pâleur / chaleur masculine, classiqueb sombre / l'ombre féminine, classiquea l'espoir / noir masculine, classiqueb tremble / ensemble féminine, classiquea silencieux / cieux masculine, classiqueb solitaire / terre féminine, classiquea étendus / perdus masculine, classiqueb géante / béante féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1870· numérisation poesies.net· Sources