Les Renaissances, 1870· Paysages métaphysiques· Vespera
II. « Les ombres s'allongeaient, à des dragons pareilles »
Les ombres s'allongeaient,‖ à des dragons pareilles ;Les grands bois, accroupis‖ au bord de l'horizon,Semblaient des bœufs couchés‖ ou de frileuses vieillesQui chauffent leurs pieds morts‖ alentour d'un tison.
Dans l'azur immobile‖ et poli comme un marbre,Des étoiles filtraient,‖ pareilles à des pleurs ;Et la sève, perlant‖ sous l'écorce de l'arbre,Emplissait l'air voisin‖ de puissantes odeurs.
A l'ombre des roseaux‖ dressés comme des piques,Les grenouilles, en chœur,‖ jetaient leurs voix rythmiques ;De nocturnes oiseaux,‖ dans l'air, traçaient des ronds.
Et la brise, frôlant‖ la cime des bruyèresEn soulevait l'essaim‖ vibrant des moucheronsDont la lune argentait‖ les vivantes poussières.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd eef gfg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a pareilles / vieilles féminine, classiqueb l'horizon / tison masculine, classiquea marbre / l'arbre féminine, classiqueb pleurs / odeurs masculine, classiquea piques / rythmiques féminine, classiqueb ronds / moucherons masculine, classiquea bruyères / poussières féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1870· numérisation poesies.net· Sources