Les Renaissances, 1870· La vie des morts· I La nature
III. Les Sources
Errant sous le dôme emperléDes verdures ensommeillées ;Parfois, au sortir des feuillées,L'œil clair des sources m'a troublé.
— L'eau regarde : — et l'aurore éveille,Dans ce regard lent et discret,Comme l'étonnement secretD'un jeune esprit qui s'émerveille.
Comme en un rêve de candeur,L'eau regarde, et l'étrange flammeDes choses qui viennent d'une âmeIllumine sa profondeur.
L'œil des sources est plein de larmesEt plein de reproches perdus,Et des remords inattendusS'y reflètent comme des armes
Le long d'un bouclier d'argent :— La Vie est là qui, solennelle,Attend et darde sa prunelleFixe sur le monde changeant !
— La Vie aux éléments renduePar les héritiers du limon,Foule sans yeux, foule sans nom,Sous l'éternité descendue.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a emperlé / troublé masculine, classiqueb ensommeillées / feuillées féminine, classiquea éveille / s'émerveille féminine, classiqueb discret / secret masculine, classiquea candeur / profondeur masculine, classiqueb flamme / âme féminine, classiquea larmes / armes féminine, classiqueb perdus / inattendus masculine, classiquea d'argent / changeant masculine, classiqueb solennelle / prunelle féminine, classiquea rendue / descendue féminine, classiqueb limon / nom masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1870· numérisation poesies.net· Sources