Les Renaissances, 1870· A travers l’âme· Impressions
XX. Orphée
C'est ta mort que j'envie,‖ ô doux fils de Linus,Quand les vierges de Thrace‖ aux crinières d'archange,Sous leurs pieds bondissants,‖ — comme aux fêtes du GangeVendange épouvantable,‖ écrasaient tes flancs nus ;
Lorsque, foulant ton cœur,‖ leurs beaux pieds éperdusBuvaient sur ta poitrine‖ une rosée étrange,Et qu’aux chansons du cuivre, — effroyable vendange, —Ta noble chair volait‖ sous les thyrses ardus.
Le regret te vint-il‖ des chastes promenadesOù ta lyre éveillait‖ l'écho silencieux ?A quoi bon de tes chants‖ heurter des cieux maussades ?
Mieux vaut jeter son âme‖ aux désirs furieux,Tendre sa gorge nue‖ aux ongles des Ménades,Et faire de son corps‖ la pâture des Dieux !
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdc dcd
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a Linus / nus masculine, classiqueb d'archange / Gange féminine, classiquea éperdus / ardus masculine, classiqueb étrange / vendange féminine, classiquea promenades / maussades / Ménades féminine, classiqueb silencieux / furieux / Dieux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1870· numérisation poesies.net· Sources